Le conglomérat BCE abolit 4800 postes, soit presque 10 % de sa ...

8 Feb 2024

Le conglomérat BCE abolit 4800 postes, soit 9 % de sa main-d'œuvre, dans sa plus importante restructuration en 30 ans. C'est ce qu'a annoncé le géant des télécommunications au moment de présenter les résultats du quatrième trimestre de son exercice 2023, jeudi matin.

BCE - Figure 1
Photo ICI.Radio-Canada.ca

Selon le président et chef de la direction, Mirko Bibic, des emplois seront supprimés à tous les niveaux de l'entreprise. On compte procéder d'abord par attrition et l'abolition de postes vacants avant de réduire directement dans les effectifs et de procéder à des licenciements.

L'entreprise espère ainsi économiser 250 millions de dollars par année.

En plus d'importantes abolitions de postes, le groupe annonce la vente à sept acheteurs de 45 de ses 103 stations de radio régionales principalement situées au Québec, en Ontario, en Atlantique et en Colombie-Britannique. Ces transactions sont notamment sujettes à l'approbation du CRTC.

7 stations au Québec situées à Drummondville, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Rimouski et Amqui sont vendues à Arsenal Media.5 stations au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse (Grand Falls et Woodstock, au N.-B., et à Truro, en Nouvelle-Écosse) sont vendues à Maritime Broadcasting System.12 stations en Ontario situées à Hamilton, St. Catharines, Lindsay, Peterborough, Brockville, Kingston et Owen Sound sont vendues à Whiteoaks Communications, Durham Radio, My Broadcasting Corporation et ZoomerMedia.Enfin, 21 stations de la Colombie-Britannique situées notamment à Summerland, Nelson, Trail, Golden, Salmon Arm, Revelstoke, Penticton, Osoyoos, Vernon, Kelowna, Fort St. John, Dawson Creek, Fort Nelson, Terrace, Prince Rupert et Kitimat sont vendues à Vista Radio.
Baisse importante des investissements en 2024

Pour faire face à une situation financière qui s'annonce de plus en plus difficile, BCE compte réduire de 500 millions de dollars ses dépenses d'investissements en 2024. L'entreprise annonce aussi une réduction de l'expansion de son réseau de fibre optique en raison de politiques fédérales et de décisions du CRTC qui découragent les investissements, déplore-t-on.

Marko Bibic, président et chef de la direction de BCE. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

L'entreprise, qui publiait jeudi matin les résultats financiers du quatrième trimestre de son exercice 2023, fait état d'un bénéfice net de 435 millions de dollars pour cette période de trois mois, en baisse de 23,3 % par rapport au même trimestre de son exercice 2022. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires est de 382 millions de dollars au quatrième trimestre de 2023, en recul de 27,7 % par rapport à la même période l'année précédente.

Dans une entrevue à La Presse canadienne, chef des affaires juridiques et réglementaires de Bell, Robert Malcolmson explique : C'est un désinvestissement important. C'est parce que ce n'est plus une entreprise viable. […] Nous continuerons à exploiter celles qui sont viables, mais c'est une activité qui va dans la mauvaise direction.

Selon M. Malcolmson, Bell Média vit actuellement une transformation numérique dans le domaine du divertissement et de l'information. Une transformation qui ne garantit pas nécessairement des bénéfices pour l’entreprise. Nous investissons là-dedans; nous verrons, a-t-il ajouté. Sans une certaine forme de soutien réglementaire, c'est difficile.

Plusieurs grands joueurs des communications au Canada reprochent en effet à Ottawa d’avoir trop tardé à aider les entreprises médiatiques du pays dont les modèles de financement s’effondrent au profit des multinationales planétaires comme Meta, Google ou Apple. On reproche aussi au CRTC sa rigidité et sa lourdeur réglementaire qui priveraient les entreprises canadiennes de l’agilité dont elles auraient besoin face à ces nouveaux joueurs.

Nous plaidons en faveur d'une réforme depuis des années. Elle n'arrive pas assez vite et lorsqu'elle arrive, elle n'apporte pas une aide importante, déplore Robert Malcomson.

Un secteur en crise

À la mi-juin, BCE avait déjà aboli 1300 emplois, en plus de fermer six stations de radio et d'en vendre trois. L'entreprise blâmait les conditions défavorables en matière de politique publique et de réglementation.

En septembre dernier, Métro Média faisait officiellement faillite. Le groupe publiait le quotidien Métro et une vingtaine de médias locaux dans la région de Montréal.

En novembre dernier, le Groupe TVA annonçait l'abolition de 547 emplois, soit près de 40 % de son effectif, dans le contexte d'une restructuration qui comprenait la refonte de son secteur de l'information, la fin de ses activités de production interne de contenu de divertissement et l'optimisation de son parc immobilier.

Toujours en novembre, les Coops de l'information annonçaient l'abandon de toutes leurs publications en format papier pour faire migrer l'ensemble de leurs opérations sur Internet.

Au début de décembre dernier, CBC/Radio-Canada annonçait l'abolition de 600 emplois et de 200 postes vacants, ce qui représente environ 10 % de l'ensemble du personnel. Le diffuseur public invoquait des pressions budgétaires de près de 125 millions de dollars prévues pour l’exercice 2024-2025.

Enfin, Transcontinental annonçait le 1er février dernier la fermeture de son usine d'impression de Saint-Hyacinthe. L’entreprise invoque la fin du Publisac pour justifier cette fermeture. Les 190 employés de l’usine perdront leur emploi en avril.

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